Pas une réponse

Le Forum Catholique

Imprimer le Fil Complet

John L -  2012-07-12 07:15:33

Pas une réponse

Voilà la critique de M. l'abbé Gaudron:

'Mgr Müller nie dans son livre Die Messe: Quelle christlichen Lebens [La messe: Source de la vie chrétienne] la véritable transformation du pain et du vin au Corps et au Sang du Christ. Le pain et le vin demeurent, selon lui, ce qu'ils sont, mais ils deviennent des outils pour intégrer les fidèles dans la communauté vivante avec le Père et le Fils. Cela ressemble à l'enseignement calviniste, selon laquelle le pain et le vin ne sont pas transformés, mais deviennent des outils de la grâce. Mgr. Muller: “En réalité, le corps et le sang du Christ ne signifient pas les éléments matériels de la personne humaine de Jésus durant sa vie ou dans sa forme corporelle transfigurée. Ici, corps et sang signifient la présence du Christ dans les signes du moyen [du] pain et [du] vin. Nous avons ... "maintenant une communauté avec Jésus-Christ, moyennant le manger et le boire du pain et du vin. Même dans la sphère purement personnelle de l'homme, quelque chose comme une lettre peut représenter l'amitié entre des personnes et, c'est-à-dire, montrer et incarner la sympathie de l'expéditeur pour celui qui la reçoit. "Ainsi seulement le pain et le vin deviennent «des symboles de sa présence salvifique". (Die Messe: Quelle Christlichen Lebens, Augsbourg: St. Ulrich Verlag:. 2002, p 139).'”

Mgr Muller nie dans son livre "Dogmatik" [un ouvrage de référence pour le Dogme aujourd'hui en Allemagne] le dogme de la virginité de Marie lors de l'accouchement [4], et, par conséquent, l'enseignement selon lequel Marie a donné naissance à son fils sans que son intégrité physique en soit violée. Mgr. Muller: “"Il ne s'agit pas tant de certaines propriétés physiologiques dans le processus naturel de la naissance (comme le canal de la naissance qui n'a pas été ouvert, l'hymen qui n'a pas été brisée, ou l'absence de douleurs de l'enfantement), mais de l'influence curatrice et salvatrice de la grâce du Sauveur sur la nature humaine, qui avait été blessée par le péché originel .... il ne s'agit tant de détails somatiques physiologiquement et empiriquement vérifiables."(Katholische Dogmatik für Studium und Praxis, Freiburg 52003, p. 498)”' .



Voilà la soi-disante réponse de Mgr Bux:

'- [Vatican Insider] Dans son livre de dogmatique, Müller écrit que la doctrine de la virginité de Marie «ne concerne pas tant des propriétés physiologiques spécifiques du processus naturel de la naissance ...».

-- [Mgr. Bux] Le Catéchisme de l'Eglise catholique précise que l'aspect corporel de la virginité réside entièrement dans le fait que Jésus a été conçu sans semence humaine, mais par l'opération de l'Esprit Saint. Il s'agit d'une œuvre divine qui dépasse toute compréhension et possibilité humaine. L'Église confesse la virginité réelle et perpétuelle de Marie, mais ne se plonge dans des particularités physiques; pas plus qu'il ne semble que les Conciles et les Pères aient dit autrement.
Il me semble que c'est dans cette ligne, qu'il faut comprendre ce que Müller a écrit; il ne soutient pas une «doctrine» qui nie le dogme de la virginité perpétuelle de Marie, mais met en garde contre un certain, pour ainsi dire, «capharnaisme», c'est-à-dire cette manière de raisonner «selon la chair» et non «selon l'esprit», qui avait déjà émergé à Capharnaüm parmi les Juifs à la fin du discours de Jésus sur le pain de vie (ndt: (Jn 6,22-7 1),

- [Vatican Insider] En 2002, Müller, dans son livre "Die Messe - Quelle des Lebens christlichen" , parlant du sacrement de l'Eucharistie, écrit que «le corps et le sang du Christ n'indiquent pas des composantes matérielles de la personne humaine de Jésus pendant sa vie ou sa corporéité transfigurée. Ici, le corps et le sang signifient la présence du Christ sous l'apparence du milieu composé de pain et le vin».

Mgr Bux: Justement à Capharnaüm, les termes utilisés par Jésus, chair et sang, ont été mal compris, de manière anthropomorphe et le Seigneur a dû réaffirmer leur sens spirituel, qui ne signifie pas que sa présence est moins réelle, vraie et substantielle. Voir à cet égard, le Catéchisme de l'Église catholique. Saint Ambroise dit qu'il ne s'agit pas de l'élément formé par la nature, mais de la substance produite par la formule de la consécration: la nature elle-même est changée, de sorte que le corps et le sang sont l'être de Jésus. Le Concile de Trente dit que dans l'Eucharistie est présent «substantiellement» Notre Seigneur, vrai Dieu et vrai homme. Il est sacramentellement présent avec sa substance, une manière d'être mystérieuse, admissible par la foi, et possible par Dieu
Saint Thomas avait dit que le moyen de la «substance» et non pas de la «quantité», caractérise la présence du Christ dans le sacrement de l'Eucharistie. Le pain et le vin en tant qu'espèce ou apparences, servent de médiateurs à notre accès à la «substance», chose qui arrive surtout dans la communion. '

Pour écarter toute critique du genre 'les laics n'ont pas le droit de critiquer les évêques, il s'agit ici d'une question théologique que vous ne comprenez pas', etc., je note dès le départ que je tiens une licence et un doctorat en théologie, et que je possède un mandat canonique pour enseigner la théologie catholique.

N'ayant pas les oeuvres de Mgr. Muller à ma disposition, je ne discuterai que les citations fournies par M. l'abbé Gaudron, et je n'écarte pas la possibilité que le contexte de ces citations enlèverait leur signification prises en isolation – quoiqu'ils me semblent assez claires.



1. Sur la Sainte Eucharistie:
Il est vrai que les éléments matériels du corps du Christ ne se trouvent pas dans l'eucharistie, si l'on comprend 'élément' dans le sens de 'partie' (le pied, le nez etc.). Le corps et le sang du Christ existent dans l'eucharistie comme substance. Mais le substance du Christ ressuscité est un substance matériel, puisque le Christ est un homme et les hommes sont des êtres corporels. Donc il y a présence matériel du corps du Christ dans l'eucharistie. Nier toute présence matérielle du Christ dans l'eucharistie est hérésie. L'expression de Mgr. Muller sur ce sujet est malaisé, mais il n'est pas clair qu'il nie une présence matérielle du substance du corps du Christ dans l'eucharistie. Je ne parviens pas à comprendre les remarques de Mgr. Bux sur ce sujet.

Mais il semble clair que Mgr. Muller affirme que non seulement les accidents du pain et vin restent dans l'eucharistie, mais aussi que le pain et le vin eux-mêmes existent dans l'eucharistie. C'est une hérésie flagrante condamnée par le concile de Trente.

L'idée que la présence du Christ dans l'eucharistie se fait par le moyen de signification, une signification opérée par le pain et le vin, est condamnée par l'encyclique 'Mysterium Fidei' de Paul VI comme compromettant la foi; on peut il me semble le qualifier d'hérésie. Or, cette idée est clairement exprimé dans les citations de Mgr. Muller et Mgr. Bux.


2. Sur la virginité de la Sainte Vierge.
Ici je laisse la parole au père René Laurentin, dans son 'Court traité de théologie mariale', 4e éd. (Paris: P. Lethielleux, 1953):

“Maternité virginale.

Il importe ici d'élucider un point qui a dû inquiéter déjà plus d'un lecteur. En lisant la partie histrique de ce travail, certains se seront demandé pourquoi il était question à plusieurs reprises non seulement de la conception virginale (virginitas ante partum), non seulement du fait que Marie est demeurée vierge après la naissance de Jésus (virginitas post partum), mais de sa virginité dans l'enfantement même de Jésus (in partu). Et, pourtant, il ne s'agit pas d'un de ces pieux excès comme il en est tant chez le mariologues de la période moderne. Que la virginité de Marie n'ait pas été altérée d' âme ni de corps à la naissance du Sauveur, qu'elle n'ait pas subi alors les douleurs de l'enfantement, ce sont là des données indiscutées depsui quinze siècles, et même attestées par des documents, qui, pour l'essentiel, engagent notre foi. [Note: La virginité in paru est nettement affirmée par les diverses liturgies tant grecques que latines .. par .. le Tome de Léon à Flavien, 449; Concile de Latran en 649, canon 3; Concile de Tolède, Symbolum; Consitution Cum quorumdam de Paul IV, 1555; Pie XII, bulle Munificentissimus .. Si les formules citées restent discrètes, comme il convient à la pudeur, et à la connaissance voilée que nous avons du mystère, le contexte ne laisse pas de doutes sur le sens et la portée des termes.]

Pourquoi cette difficulté? … Un premier obstacle provient de notre culture plus ou moins marquée par l'influence de Platon et Descartes. … l'âme est présentée comme un double et et un au-delà du corps, alors qu'elle en est la forme substantielle: le corps est conçu comme un vêtement, voire une 'guenille', ou un prison de l'âme: alors qu'il en est l'organe vivant et transparent, le signe connaturel. Quoi d'étonnant qu'il paraisse dès lors dépourvu de signification religieuse, et qu'on bute sur des mystères comme la Transfiguration du Christ ou la virginité intégrale de Marie, qui impliquent un rayonnement des réalités spirituelles au niveau du corps?' [Laurentin, pp. 110-112.]

Mgr. Muller et Ngr. Bux soutiennent que la doctrine de la virginité in partu n'est pas une dogme de la foi. C'est soutenir une hérésie.


John Lamont
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=640247