Site dédié à sainte Philomène
Messages récents | Retour à la liste des messages | Rechercher
Afficher la discussion

Traduction du document...
par Vistemboir2 2026-01-13 19:43:43
Imprimer Imprimer

EXTRAORDINAIRE

(7-8 janvier 2026)

Liturgie : une réflexion théologique, historique et pastorale approfondie « afin que la saine tradition soit conservée, tout en laissant la voie ouverte à un progrès légitime » (SC 23).

LITURGIE
Card. Arthur Roche

1. Dans la vie de l’Église, la liturgie a toujours connu des réformes. De la Didachè à la Traditio Apostolica ; du grec au latin ; des libelli precum aux Sacramentaires et aux Ordines ; des pontificaux aux réformes franco-germaniques ; de la Liturgia secundum usum romamae curiae à la réforme tridentine ; des réformes partielles post-tridentines à la réforme générale du Concile Vatican II. L’histoire de la liturgie, pourrait-on dire, est l’histoire de sa « réforme » continue, dans un processus de développement organique.

2. Saint Pie V, face à la refonte des livres liturgiques conformément au mandat du concile de Trente (cf. Session XXV, Décret général, chap. XXI), fut animé par la volonté de préserver l'unité de l'Église. La bulle Quo primum (14 juillet 1570), qui promulgue le Missel romain, affirme que « comme dans l'Église de Dieu il n'y a qu'une seule manière de réciter les psaumes, il ne devrait y avoir qu'un seul rite pour célébrer la messe » (cum unum in Ecclesia Dei psallendi modum, unum Missae celebrandae ritum esse maxime deceat).

3. La nécessité de réformer la liturgie est étroitement liée à la composante rituelle, par laquelle – per ritus et preces (SC 48) – nous participons au mystère pascal : le rite est en lui-même caractérisé par des éléments culturels qui évoluent avec le temps et lieux.

4. De plus, puisque « la Tradition n’est pas la transmission de choses ou de paroles, un amas de choses mortes », mais « le fleuve vivant qui nous relie aux origines, le fleuve vivant dans lequel les origines sont toujours présentes » (Benoît XVI, Audience générale, 26 avril 2006), nous pouvons affirmer avec certitude que la réforme de la liturgie voulue par le Concile Vatican II est non seulement en pleine syntonie avec le véritable sens de la Tradition, mais constitue une manière singulière de se mettre au service de la Tradition, car celle-ci est comme un grand fleuve qui nous conduit aux portes de l’éternité (ibid.).

5. Dans cette vision dynamique, « maintenir une tradition solide » et « ouvrir la voie à un progrès légitime » ne sauraient être compris comme deux actions dissociables : sans « progrès légitime », la tradition se réduirait à un « amas de choses mortes », pas toujours saines ; sans une « solide tradition », le progrès risque de se muer en une quête pathologique de nouveauté, incapable de générer la vie, à l’image d’un fleuve dont le cours est obstrué, le séparant de ses sources.

6. Dans son discours aux participants de l’Assemblée plénière du Dicastère pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements (8 février 2024), le pape François s’est exprimé ainsi :
« Soixante ans après la promulgation de Sacrosanctum Concilium, les mots que nous lisons dans son introduction, par lesquels les Pères ont déclaré le but du Concile, ne cessent de nous enthousiasmer. Ce sont des objectifs qui décrivent un désir précis de réformer l’Église dans ses dimensions fondamentales : faire grandir chaque jour davantage la vie chrétienne des fidèles ; adapter plus justement aux besoins de notre temps les institutions qui sont sujettes au changement ; favoriser tout ce qui peut promouvoir l’union entre tous ceux qui croient au Christ ; revigorer ce qui sert à appeler tous au sein de l’Église (cf. SC 1). C’est une tâche de renouveau spirituel, pastoral, œcuménique et missionnaire. Et pour l’accomplir en un seul temps, les Pères conciliaires savaient par où commencer, ils savaient qu’il existait des raisons particulièrement convaincantes d’entreprendre la réforme et… » « La promotion de la liturgie » (Ibid.). C’est comme dire : sans réforme liturgique, il n’y a pas de réforme de l’Église.

7. La Réforme liturgique a été élaborée sur la base d’une « enquête théologique, historique et pastorale rigoureuse » (SC 23). Son but était de donner plus de sens à la participation à la célébration du Mystère pascal pour un renouveau de l’Église, Peuple de Dieu, Corps mystique du Christ (cf. LG, chapitres I-II), perfectionnant les fidèles dans l’unité avec Dieu et entre eux (cf. SC 48). C’est seulement à partir de l’expérience salvifique de la célébration de Pâques que l’Église redécouvre et relance le mandat missionnaire du Seigneur ressuscité (cf. Mt 28, 19-20) et devient, dans un monde déchiré par la discorde, un ferment d’unité.

8. Il faut également reconnaître que l’application de la Réforme a souffert et souffre encore d’un manque de formation, et qu’il est urgent d’y remédier, en commençant par des séminaires, afin de « donner vie à la formation des fidèles et au ministère des pasteurs qui trouveront leur apogée et leur source dans la liturgie » (Instruction Inter OEcumenici, 26 septembre 1964, 5)

9. Le bien premier de l'unité de l'Église ne s'atteint pas en figeant la division, mais en se trouvant dans le partage de ce qui ne peut qu'être partagé, comme l'a dit le pape François dans Desiderio desideravi 61 :
« Nous sommes appelés sans cesse à redécouvrir la richesse des principes généraux exposés dans les premiers numéros de Sacrosanctum Concilium; en saisissant le lien intime entre cette première constitution du Concile et toutes les autres. C'est pourquoi nous ne pouvons revenir à cette forme rituelle que les Pères conciliaires, avec Pierre et sous Pierre, ont jugé nécessaire de réformer, approuvant, sous la conduite du Saint-Esprit et suivant leur conscience de pasteurs, les principes dont est née la réforme. Les saints pontifes Paul VI et Jean-Paul II, approuvant les livres liturgiques réformés ex decreto Sacrosancti OEcumenici Concilii Vaticani II, ont garanti la fidélité de la réforme du Concile. »
C’est pourquoi j’ai écrit Traditionis custodes, afin que l’Église puisse élever, dans la diversité de tant de langues, une seule et même prière capable d’exprimer son unité. [Cf. Paul VI, Constitution apostolique Missale Romanum (3 avril 1969) dans AAS 61 (1969) 222]. Comme je l’ai déjà écrit, je souhaite que cette unité soit rétablie dans toute l’Église de rite romain. »

10. L’usage des livres liturgiques que le Concile a cherché à réformer était, de saint Jean-Paul II à
François, une concession qui n’envisageait nullement leur promotion. Le pape François, tout en autorisant, conformément à Traditionis Custodes, l’usage du Missale Romanum de 1962, a ouvert la voie à l’unité dans l’usage des livres liturgiques promulgués par les saints papes Paul VI et Jean-Paul II, conformément aux décrets du concile Vatican II, seule expression de la lex orandi du rite romain.

11. Le pape François a résumé la question comme suit (Desiderio desideravi 31) :

« […] Si la liturgie est “le sommet vers lequel tend l’activité de l’Église, et en même temps la source d’où jaillit toute sa force” (Sacrosanctum Concilium, n° 10), alors nous pouvons comprendre l’enjeu de la question liturgique. Il serait simpliste de réduire les tensions, malheureusement présentes autour de la célébration, à une simple divergence de goûts concernant une forme rituelle particulière. La problématique est avant tout ecclésiologique. Je ne vois pas comment il est possible de dire que l’on reconnaît la validité du Concile — même s’il m’étonne qu’un catholique puisse prétendre le contraire — et en même temps de ne pas accepter la réforme liturgique issue de Sacrosanctum Concilium, document qui exprime la réalité d’une liturgie intimement liée à la vision de l’Église si admirablement décrite dans Lumen gentium. [...]".

Rome, 8.01.2026

     

Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !


  Envoyer ce message à un ami


 Texte Complet de Card. Roche: Diana Montagna: EXCLUSIF ANGLAIS : Le cardinal Roc [...] par Mauwgan  (2026-01-13 16:59:33)
      Et voici mon premier commentaire avec des citations par Jeanne Smits  (2026-01-13 17:08:09)
          Super par Mauwgan  (2026-01-13 17:15:55)
              Rien n'est joué encore par Jeanne Smits  (2026-01-13 17:24:17)
                  Optimisme par Mauwgan  (2026-01-13 17:31:26)
          Argument rabâché et faux par Leopardi  (2026-01-13 22:24:47)
              Faux par Signo  (2026-01-13 23:18:48)
                  Réponse à Signo. Alinéa 3) par AVV-VVK  (2026-01-14 11:23:26)
      Rorate Caeli: Attaque contre la messe traditionnelle et contre l'orthodoxie au c [...] par Mauwgan  (2026-01-13 17:08:32)
      Je trouve un peu surprenantes par Ptitlu  (2026-01-13 18:03:11)
      Mon analyse par Signo  (2026-01-13 19:06:59)
       Traduction du document... par Vistemboir2  (2026-01-13 19:43:43)
          Vatican II par Carillon 1758  (2026-01-13 20:50:37)
              C'est un tour de passe-passe... par Justin Petipeu  (2026-01-14 06:34:35)
                  Tout à fait d’accord par Roger  (2026-01-14 08:46:44)
      RC: Una Voce répond au rapport du consistoire de Roche contre la messe traditio [...] par Mauwgan  (2026-01-13 20:56:26)
      L'argument de l' "unité" du rit ne tient pas par NLC  (2026-01-14 08:53:30)
      Msgr. Schneider's interview: consistoire, Messe. (John-Henry Western) par Mauwgan  (2026-01-14 16:18:40)


155 liseurs actuellement sur le forum
Mentions Légales
[Valid RSS]