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Signer ou ne pas signer la « Correction filiale » ? par Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X 2017-10-13 07:05:41 Imprimer Imprimer

La Correction filiale adressée, le 24 septembre 2017, au pape François à propos des passages hétérodoxes d’Amoris lætitia, compte à ce jour 235 signatures de clercs et d’universitaires laïcs. Les 62 premiers signataires avaient fait savoir, dès le début, qu’ils représentaient « également d’autres personnes qui n’ont pas la liberté d’expression nécessaire pour signer ».

C’est ce qu’avoue en toute humilité, sur son blogue le 28 septembre, le Père Ray Blake de Brighton (Royaume-Uni), qui avait signé la Lettre des 45 théologiens au cardinal Angelo Sodano, en 2016, et qui a renoncé à signer la Correction filiale en 2017 : « On m’a demandé de signer la Correction filiale. J’avais signé l’année dernière la lettre des 45 universitaires et pasteurs, et j’ai presque immédiatement trouvé les chars du cardinal Nichols (archevêque de Westminster. NDLR) garés sur ma pelouse pour m’informer de son mécontentement, ce qui était assez léger en comparaison du sort d’autres signataires laïcs qui ont été licenciés de leur emploi dans des institutions catholiques, le Dr Josef Seifert étant le plus prestigieux d’entre eux. Je l’admets, j’ai peur de signer et je connais d’autres prêtres qui partagent ma peur. Beaucoup de ceux qui auraient pu signer ont, au cours des quatre dernières années, une certaine crainte au sujet de leur position dans l’Eglise. (...)

« Le climat est mauvais dans toute l’Eglise, à Rome il est carrément toxique. Sous François, le Vatican est devenu un lieu de peur et d’oppression arbitraire, comme en témoigne l’éviction du cardinal Müller par le pape, et auparavant le licenciement de deux prêtres de la Congrégation de la foi, et parmi les laïcs, celui de Libero Milone, l’ancien Vérificateur général des comptes, et bien d’autres. Ce n’est pas seulement en théologie que 2 2 = 5 ou n’importe quel chiffre choisi par le pape ce jour-là, cela s’étend à la moralité et à la décence humaine ordinaire, et c’est finalement une attaque grave contre la rationalité de la foi catholique et la rigueur intellectuelle. (...) L’Eglise de Jésus-Christ n’est pas une foule, le grand défaut du pape François est qu’au lieu de rassembler le troupeau, il le disperse, en envoyant beaucoup de gens dans le désert, ou dans la confusion et la peur. »

A côté de ceux qui n’ont pas la liberté de signer la Correction filiale, il y a aussi ceux qui, sans la signer, lui apportent leur soutien intellectuel et moral, tel Mgr Nicola Bux, prêtre italien très proche de Benoît XVI, qui a accordé un entretien, le 5 octobre 2017, au site italien La Fede Quotidiana, repris le lendemain sous forme résumée par Maike Hickson sur le site américain OnePeterFive :

« Don Bux souligne que “le droit canonique reconnaît que les fidèles ont le droit – et parfois même le devoir – d’exprimer leurs pensées aux pasteurs pour le bien de l’Eglise”. Les “pasteurs eux-mêmes ne sont pas infaillibles”, ajoute-t-il. Les fidèles sont obligés d’obéir au pape lorsqu’il enseigne “de manière définitive” une doctrine de la foi ou de morale, dit Don Bux. La même obligation s’applique aux documents non faillibles, c’est-à-dire “aux actes du pape visant à rendre plus clairs certains aspects de la foi et de la morale révélées par Dieu”. Cependant, précise-t-il, quelqu’un n’a pas à obéir quand les pasteurs, et surtout le pape, au lieu de la renforcer, affaiblissent la foi des chrétiens avec leurs pensées personnelles, par leurs paroles ou leurs actions”. Don Bux semble faire ici une référence indirecte à la Correction filiale qui cite explicitement non seulement Amoris lætitia elle-même, mais vise également des paroles et actions du pape en dehors de ce document officiel.

« Don Bux déclare alors très clairement que, dans un tel cas d’affaiblissement de la foi, les chrétiens “doivent exprimer (au pape) leur opposition avec le respect qui lui est dû. L’autorité du pape dans l’Eglise ne doit pas être faussement confondue avec un pouvoir absolu”. Le prêtre italien espère que les deux propositions du cardinal Gerhard Müller et du cardinal Pietro Parolin pour une discussion plus approfondie sur ces questions, seront prises en compte.

« Bien que Don Bux lui-même ne soit “pas un théologien moraliste”, il précise néanmoins que les nombreux appels, déclarations et dubia concernant Amoris lætitia indiquent qu’“une clarification est nécessaire”. “On a trouvé non seulement des erreurs théologiques et des ambiguïtés, mais aussi des erreurs de nature philosophique et logique”, explique-t-il. (certaines des ambiguïtés et des erreurs philosophiques et logiques d’Amoris lætitia ont été fort bien relevées et sans cesse expliquées par le Professeur Josef Seifert).

« Don Bux caractérise la réaction défavorable à la critique d’Amoris lætitia comme “un débat impertinent, parce qu’on ne veut pas répondre aux arguments de fond”. Amoris lætitia cause beaucoup de confusion quant à son application, notamment dans le cas des personnes divorcées et remariées et de leur accès à la sainte communion.

« A entendre et à lire par tous, Don Bux insiste sur le fait que le pape a “le devoir de préserver la foi telle qu’elle a été confiée à l’Eglise” et qu’il doit “la proclamer de sorte que, de nos jours, les gens puissent se convertir au Christ et ne demeurent pas incrédules”. Le pasteur italien nous rappelle également que la mission ultime de la hiérarchie catholique n’est pas de résoudre des “problèmes politiques”, mais plutôt “de proclamer l’Evangile et d’administrer les sacrements”. La mission du prêtre catholique est “d’honorer Dieu et de sauver les âmes”. Comme le dit Don Bux : “Jésus-Christ est venu au monde pour sauver les âmes du péché et les conduire à Dieu le Père”. Ainsi, il rejette l’idée d’une Eglise “dans laquelle tout le monde, sans nécessairement se convertir à Jésus-Christ et indépendamment du Décalogue, continue à vivre comme il veut”.

« Don Bux reconnaît que “l’Eglise se trouve maintenant dans une grande confusion” et – selon les paroles du Professeur Ernesto Galli Della Loggia (historien, éditorialiste au Corriere della Sera. NDLR) : “qu’elle entre concurrence avec l’ONU, la FAO [Organisation pour l’alimentation et l’agriculture]” qui ne sont pas du tout catholiques. Don Bux conclut cet excellent entretien sur ces paroles : “Jésus a dit que cela ne sert à rien pour un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme” (cf. Mc 8, 36) ».


SOURCE : FSSPX.Actualités

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