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Le Cardinal Ouellet s'exprime sur : la FSSPX, le Motu Proprio, les divorcés remariés, etc. par Chicoutimi 2014-10-03 00:25:37 Imprimer Imprimer

Bonjour,

Dans le livre "Actualité et avenir du Concile Œcuménique Vatican II" - publié en 2012 - on peut lire la pensée du Cardinal Marc Ouellet qui répond aux questions du Père Geoffroy de la Tousche. Je vous partage quelques réflexions intéressantes du préfet de la Congrégation pour les Évêques concernant cinq sujets d'actualité : 1- la réforme liturgique; 2- le célibat sacerdotale; 3- La FSSPX; 4- Le Motu Proprio; 5- Les divorcés remariés.

Voici donc ce que dit le Cardinal Ouellet :


1- Réforme liturgique : « La décennie postconciliaire a été particulièrement chaotique. Avant que l’on reprenne l’équilibre, il a fallu du temps, il y a eu beaucoup d’excès. La réforme liturgique n’a pas été un succès, au moins au départ. Il y a eu des pertes. La réforme liturgique était juste et nécessaire, mais la façon de l’appliquer ne l’a pas toujours été, alors que le projet était bien orienté dans un esprit de simplification et de retour aux sources. Reconnaissons néanmoins ici qu’il y a eu une perte du sacré, marqué par un repliement de l’Église sur elle-même. On a perdu, jusqu’à un certain point, la centralité du mystère du Christ au cœur de la liturgie, la présence de Dieu et le respect qui lui est dû. » (p. 76)


2- Célibat sacerdotale : « Tout en respectant la tradition orientale, je crois que la tradition latine a tous les droits de maintenir ses valeurs dont le célibat. Les prêtres latins accueillent le charisme du célibat ou sont choisis parmi ceux qui ont fait le choix du célibat, don de Dieu distinct du don du sacerdoce comme tel, mais qui convient au plus haut point. (…) Il y a des dérapages, des faiblesses, c’est la nature humaine. Il y a aussi des renouvellements, des départs à neuf. Tout compté, tout pesé, je crois que l’Église n’a pas de motif pour dire : la culture étant devenue ce qu’elle est, il faudrait changer. Je crois, au contraire, qu’il faut réaffirmer et approfondir le sens du ministère sacerdotal à partir de la parole de Dieu et de la dimension eschatologique du ministère du prêtre. » (p. 122-123)

3- FSSPX (levée de l’excommunication et libéralisation du rite extraordinaire): « … les efforts du Pape Benoît XVI pour tenter de recoudre ce qui est en train de se déchirer, sont à encourager et à soutenir. Ils peuvent provoquer des réactions, parfois aussi des incompréhensions, mais cela fait partie du charisme de Pierre (…). Le Pape est le ministre de l’unité. Il doit tendre la main, il doit inviter. Il a levé l’excommunication à leur égard dans l’espoir d’avoir aussi de leur part des concessions, une attitude plus positive.
Dans ce contexte, il faut noter également que des personnes qui appartenaient à cette mouvance sont restés fidèles tout en étant attachées à la liturgie de l’Église telle qu’elle avait été pratiquée pendant des siècles. D’où l’effort complémentaire du Pape Benoît XVI en faveur de ce rite, quarante ans après le concile Vatican II, dans le respect de la réforme liturgique telle que le Concile l’a formulée : avec également la conscience que l’application de la réforme n’a pas toujours été idéale, le Pape, avec sagesse, a voulu établir sur un même plan de valeur, le rite extraordinaire, donc le Missel de 1962, et puis le rite ordinaire de l’Église romaine, selon la réforme du Concile. Ainsi, cela permet à ces groupes, et aux personnes intéressées dans l’Église, à vivre, à exprimer le sens du sacré, du sacrifice du Christ, tel qu’il avait été transmis pendant des siècles.
Tout cela doit être considéré avec un regard ouvert, œcuménique. Il faut donner à ces initiatives le bénéfice de la volonté de construction. Elles ont été sabotées de plusieurs manières par certaines erreurs ou certains jeux médiatiques. L’affaire Williamson par exemple a rendu plus difficile la réception et le développement de ces initiatives du Saint-Père. Mais à long terme, cela portera du fruit. » (p. 183-184)



4- Motu Proprio Summorum Pontificum : « Ainsi, dans ce contexte, il y a eu le Motu proprio du Pape Benoît XVI Summorum Pontificum, qui a rétabli, quarante ans plus tard, le rite qu’on appelle « extraordinaire » (c’est-à-dire le missel de 1962) comme une forme liturgique encore valable. Ce rite a servi l’Église pendant quatre siècles et on l’a mis de côté de façon justifié à un moment où il fallait une réforme. Cependant, il faut tenir compte de la vie de l’Église, des abus, des désirs aussi et de la continuité de cette réforme. Elle avait été assurée par des indults ou par des permissions spéciales pour arriver à son rétablissement comme une expression authentique de la liturgie de l’Église. Quarante ans plus tard, cela pouvait se faire sans remettre en question la validité de la réforme liturgique. Je crois qu’il faut comprendre que le Motu proprio n’annule pas, ou ne condamne pas, la réforme liturgique qui a été jugée nécessaire et qui a été établie dans ses principes. Il permet au contraire d’exprimer des valeurs qui ont été en partie perdues à cause d’une mauvaise application de la réforme liturgique.
Je ne dirais pas que les deux formes avancent parallèlement : à 95%, c’est la vie normale de l’Église avec la forme ordinaire qui est la norme, et la forme extraordinaire demeure exceptionnelle. Il ne s’agit pas de la promouvoir comme si on voulait rétablir un équilibre mathématique entre les deux rites. Non. Il faut tout simplement permettre qu’elle existe dans le sens indiqué par le Motu proprio. » (p. 193-194)

« Il y a certainement une raison œcuménique qui justifie cette initiative du Pape Benoît XVI à l’égard de la liturgie. Lui-même cependant, avait regretté antérieurement dans ses écrits, qu’on ait complètement écarté le rite qu’on appelle maintenant « extraordinaire ». Il trouvait que pédagogiquement, ce n’était pas la meilleure solution. » (p. 194)

« Le Pape Benoît XVI a vraiment comme préoccupation de remettre Dieu au centre de la vie. Voilà sa façon de vivre la liturgie. (…) C’est cette attitude et cette réalité spirituelle que le Pape veut restaurer. Rétablit la forme extraordinaire, c’est réaffirmer le caractère sacré de la liturgie, même dans l’expression extérieure plus directement orientée vers Dieu. » (p. 200)

5- Divorcés remariés : « Je ne dirais pas que les divorcés remariés n’ont pas accès à l’Eucharistie : ils continuent d’être invités à l’Eucharistie, ils participent à l’assemblée eucharistique, ils écoutent avec les autres toute la Parole de Dieu (…). Ces personnes ont une limite au niveau du témoignage public de la communion mais rien ne les empêche de communier spirituellement au Corps du Christ qui est donné à l’assemblée.
D’ailleurs, en vérité, toute communion sacramentelle doit d’abord être communion spirituelle. S’il n’y a pas une communion spirituelle que le sacrement vient exprimer et nourrir, il n’y a pas de communion au Corps du Christ. On peut s’avancer en état de péché mortel et recevoir le Corps du Christ, on n’en recevra pas un bénéfice, mais un moins car on n’en est pas digne et cette communion n’est pas réalisée dans les dispositions requises.
Les personnes peuvent retrouver l’état de grâce devant Dieu, même dans le cas d’une limite objective d’un mariage qui fut un échec, lorsque se noue une nouvelle union qui est peut-être la bonne mais pour laquelle il n’est pas possible d’établir que le premier mariage est nul. Même si elles ne peuvent pas recevoir les sacrements explicites, ces personnes peuvent retrouver la grâce de Dieu par le repentir de l’échec initial, par des activités de charité.
Leur témoignage est alors le suivant : leur communion s’exprime par le fait qu’elles ne reçoivent pas les sacrements, y compris par respect pour la réalité sacramentelle de l’Église. Car le mariage est une expression du mystère de l’union du Christ et de l’Église, de cette seule chair du Christ et de l’Église. Tous les mariages sont scellés par la communion à ce mystère. Quand on se trouve dans une nouvelle union, on ne peut pas publiquement aller dire à la communauté et au monde qu’on ne fait qu’un avec ce mystère, on ne peut pas l’exprimer au plan sacramentel public. Mais on peut s’abstenir de communier et exprimer ainsi que l’on est dans le respect du mystère sacramentel de l’Église. Il est important de confronter ce choix avec le pasteur de la communauté, se faire aider par lui à vivre dans la paix, comme membre de la communauté à part entière, avec cette limite de ne pas recevoir la communion sacramentelle. Cette limite peut être vécue dans un sens positif comme un témoignage rendu à l’indissolubilité du mariage. » (p. 202-203)


Source : Cardinal Marc Ouellet, Actualité et avenir du Concile Œcuménique Vatican II, Entretiens avec le Père Geoffroy de la Tousche, Éd. L'Échelle de Jacob / Coll. Visages, 2012, 246 p.

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