Puisque la question de la validité est débattue par Ion 2026-07-07 09:29:00 |
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Les fils précédents abondent de commentaires sur les doutes que la FSSPX met en avant par rapport aux sacrements conférés depuis la réforme liturgique, doutes sur les intentions des ministres de ces sacrements (ordre, confirmation).
Si on parle de validité, ce serait plutôt celles des ordinations épiscopales du 1er juillet dans une opposition ouverte à la volonté explicitement exprimée par le Saint-Siège que l’on pourrait questionner. Au-delà de leur caractère manifestement illicite, cette question théologique de la validité mérite peut-être désormais d'être posée, trente-huit ans après les ordinations illicites de 1988.
La théologie catholique enseigne qu'un ministre doit avoir l'intention de « faire ce que fait l'Église ». Cette intention est normalement présumée lorsque le rite est correctement célébré et qu'aucun élément objectif ne permet d'en douter. Toutefois, cette présomption n'est pas absolue.
Or, les consécrateurs de la Fraternité Saint-Pie X professent depuis longtemps une ecclésiologie qui refuse des enseignements essentiels de Vatican II concernant l'épiscopat, notamment sa sacramentalité (les traditionalistes parlent d’ailleurs systématiquement de « sacres » et non d’ordinations) et surtout sa dimension collégiale. Dès lors, une question se pose : quelle réalité ecclésiale entendent-ils signifier lorsqu'ils décident d’ordonner des évêques ?
En effet, l’ordination épiscopale ne consiste pas seulement à transmettre un pouvoir d'ordre. Selon l'enseignement de Lumen gentium, elle incorpore également celui qui la reçoit au collège des évêques, « avec son chef et jamais sans lui ». Ces deux dimensions ne sont pas simplement juxtaposées ; elles appartiennent à la signification même de l'épiscopat catholique. Or, il est difficile de soutenir que les consécrateurs avaient l'intention de faire des quatre ordinands des membres de ce collège épiscopal, alors même qu'ils contestent de manière habituelle son exercice concret, refusent son autorité doctrinale et disciplinaire, agissent contre la volonté expresse de celui qui en est le principe visible d'unité et refusent d’être en communion effective avec lui.
La situation diffère sensiblement de celle de 1988. Mgr Lefebvre affirmait alors que les évêques qu'il ordonnait devaient, sans tarder, remettre leur épiscopat au Souverain Pontife. Cette perspective, même si elle s'inscrivait dans un acte objectivement schismatique, manifestait encore une volonté de réintégration dans la pleine communion hiérarchique. Une telle intention ne paraît plus perceptible aujourd'hui.
Dès lors, l'intention requise pour la validité d'une consécration épiscopale peut-elle être réduite à la simple volonté d'accomplir correctement un rite ? Ou doit-elle inclure l'intention de réaliser ce que ce rite signifie réellement dans l'Église catholique : l'incorporation au collège des évêques en communion avec son chef ?
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