l'humour très britannique du cardinal Roche qui pèche par omission par Luc Perrin 2026-06-18 11:08:43 |
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Il y a un tantinet de provocation d'user de Quo primum (1570), texte que les contestataires traditionalistes ont mis en avant depuis le début du Novus Ordo, pour justifier T.C. et l'éradication de la liturgie romaine Vetus Ordo.
Voici en effet la fin du paragraphe que Son Éminence a "oublié" dans son rapport :
"à moins que depuis la première institution approuvée par le Siège Apostolique ou depuis que s’est établie la coutume, et que cette dernière ou l’institution elle-même aient été observées sans interruption dans ces mêmes églises par la célébration de messes pendant plus de deux cents ans. Dans ce cas Nous ne supprimons aucunement à ces églises leur institution ou coutumes de célébrer la messe ; mais, si ce Missel que Nous avons fait publier leur plaisait davantage, de l’avis de l’Evêque ou du Prélat, ou de l’ensemble du Chapitre, Nous permettons que, sans que quoi que ce soit y fasse obstacle, elles puissent célébrer la messe suivant celui-ci."
En réalité Quo primum contredit Traditionis custodes et les regrettables divisions autour de la néo-liturgie n'auraient jamais eu lieu si Paul VI avait précisément imité la clause de son auguste et lointain prédécesseur.
L'argument final point 11 sur l'ecclésiologie est moins capillotracté que ce recours comique à la bulle de saint Pie V. Toutefois ce point 11 qui renvoie à Desiderio dseideravi 31 est fragile.
D'une part, il suppose que Sacrosanctum concilium et le Novus Ordo sont un même texte, une même "réforme" liturgique : la simple lecture des deux et les études académiques et autres ont amplement discuté cette affirmation. Il y a de nombreux écarts entre le missel de 1969, pire encore depuis, et la constitution conciliaire.
D'autre part S.C. souligne comme le décret sur les Églises orientales catholiques le caractère intrinsèque de la diversité liturgique. Si l'unicité liturgique est une condition sine qua non, cela contredit la lettre et l'esprit du texte conciliaire qu'on prétend défendre.
L'incise sur l'approbation automatique d'un concile fait sourire par sa naïveté quand on pense à un autre concile oecuménique "pastoral", on disait de réforme ou disciplinaire, tel que Latran V, ignoré de tous. De nombreux théologiens ont aussi débattu autour de la notion de "réception d'un concile" : il n'y a là rien d'automatique comme semblait le croire le défunt Pontife romain.
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