Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=744081
images/icones/livre.gif  ( 744081 )Les premières femmes évêques par Jean Ferrand (2014-02-14 12:58:40) 

Les premières femmes évêques dans l’Église anglicane d'Angleterre - la Church of England - probablement d'ici à la fin de l'année. La Croix. Le gouvernement britannique appuie à fond cette évolution.
images/icones/neutre.gif  ( 744108 )On peut s'attendre par AVV-VVK (2014-02-14 17:41:27) 
[en réponse à 744081]

au titre suivant (trompant) dans les médias p.ex. : "Bientôt des femmes évêques dans l'Eglise", et la sensation s'est faite.
images/icones/fleche2.gif  ( 744112 )L'ordination par Jean Ferrand (2014-02-14 18:25:29) 
[en réponse à 744081]

L'ordination d'une femme évêque dans l’Église anglicane est doublement invalide, du point de vue sacramentel.

Elle est invalide d'une part comme celle de tous les évêques anglicans en vertu de la décision de Léon XIII en 1896, toujours en vigueur, qui déclare nulles toutes les ordinations anglicanes :

Apostolicae Curae est une lettre apostolique du pape Léon XIII qui réaffirme la nullité des ordinations anglicanes. Elle a été promulguée le 18 septembre 1896. Le texte affirme : "Les ordinations faites selon le rite anglican ont été et sont absolument nulles et sans valeur." Wikipédia.


Elle est invalide d'autre part parce que, d'après le Code et d'après le Catéchisme catholique, une femme ne peut recevoir le caractère sacré de l'ordination. On vient de la rappeler récemment sur ce Forum.

"Seul un homme (vir) baptisé reçoit validement l'ordination sacrée." (N° 1577, CIC, Can. 1024).



C'est beaucoup. Cependant il faut rappeler, et on vient de le mentionner aussi sur ce Forum, il faut distinguer dans l'épiscopat la titulature, la juridiction authentique et l'ordination.

Si les femmes évêques ne reçoivent pas validement l'ordination sacrée (on vient de le démontrer), elles reçoivent cependant dans leur Eglise hérétique, une forme dérivée de juridiction ordinaire, celle qui leur est reconnue dans leur Église propre (un peu comme pour les évêques orthodoxes dont la juridiction ordinaire est valide), et d'autre part leur titre épiscopal, hérité de l'ancienne tradition catholique antérieure à la Réforme, est tout à fait valide et catholique.

Autrement dit les femmes évêques anglicanes sont d'authentiques évêques titulaires (et elles pourraient être reçues à ce titre, c'est le cas de le dire, même au Vatican), mais elles ne sont pas ordonnées validement et ne peuvent conférer validement aucun des sacrements chrétiens et catholiques réservés aux prêtres et aux évêques.

La messe, l'ordination, la confirmation, la confession, l'onction des malades ne sont pas authentiques chez les anglicans. Le baptême et le mariage le sont.

images/icones/neutre.gif  ( 744115 )Un bel exposé par AVV-VVK (2014-02-14 19:13:51) 
[en réponse à 744112]

Peut-on se confesser en cas de nécessité à un prêtre anglican? Merci.
images/icones/1e.gif  ( 744117 )C'est mon grand ami Monsieur de la Palice par Yves Daoudal (2014-02-14 19:23:09) 
[en réponse à 744115]

qui vous répondra:

Comme ils ne sont pas prêtres, ils ne peuvent pas donner l'absolution.
images/icones/fleche3.gif  ( 744118 )Non bien sûr par Jean Ferrand (2014-02-14 19:28:01) 
[en réponse à 744115]

Non bien sûr. J'ai bien écrit : confession (ou absolution des péchés) invalide. Il en serait différemment en présence d'un prêtre orthodoxe et en cas de nécessité. Son pouvoir d'ordre est authentique et reconnu par l’Église catholique.

Vous savez ce que disait le nonce Roncalli, visitant une église orthodoxe : j'en profite pour faire ma visite au Saint Sacrement. Il est vrai que c'était un saint (ou futur saint).
images/icones/ancre2.gif  ( 744120 )Non, on ne peut pas se confesser à un anglican par Paterculus (2014-02-14 19:29:06) 
[en réponse à 744115]

Les anglicans n'ont pas de prêtres : il n'y a donc pas d'absolution à recevoir de leurs ministres.

Toutefois si, en danger de mort et n'ayant pas la possibilité de se confesser à un prêtre, un catholique veut manifester son désir de se confesser en avouant ses péchés, il peut le faire auprès de n'importe qui, et cela lui vaudra des grâces. Mais tant qu'à faire, il vaudrait mieux, si possible, le faire auprès de quelqu'un qui a reçu la confirmation, ce qui n'est pas le cas d'un anglican, fût-il ministre.

VdP
images/icones/neutre.gif  ( 744127 )C'est un peu plus compliqué que cela par Astorg (2014-02-14 20:01:46) 
[en réponse à 744112]

Léon XIII a effectivement déclaré, dans Apostolicae curae en 1896, que les ordinations (et sacres d'évêques) anglicans étaient nulles et de nul effet. Mais il n'est pas évident que cette affirmation fasse partie du magister infaillible, d'autant que des erreurs et omissions (concernant notamment les dispositions arrêtées par le Pape Paul IV pour régulariser la situation du clergé anglais après le retour de ce dernier au giron romain sous la reine Marie Iere en 1554) se sont glissées dans la bulle présentée à la signature du SouverainPontife.

La forme adoptée dès l'origine par les Antlicans, lors de la rédaction de leur premier Ordinal en 1549, reprenait en effet mot à mot celle du Pontifical de Sarum, en usage précédemment:


RECEIVE the holy goste, whose synnes thou doest forgeve, they are forgeven: and whose sinnes thou doest retaine, thei are retained: and be thou a faithful despensor of the word of god, and of his holy Sacramentes. In the name of the father, and of the sonne, and of the holy gost. Amen.



L'Eglise d'Angleterre à toujours affirmé, sans discontinuité, sa croyance dans le triple ministère, d'institution divine, dérivé d'un sacrement d'ordre d'institution divine. Les prêtres catholiques se tournant vers l'anglicanisme (il y en a eu!) n'ont jamais été reordonnés alors que les ministres de sectes protestant antes l'ont toujours été inconditionnellement.

Un évêque catholique, Mgr Marc-Antoine de Dominis, archevêque de Spolatre converti à l'anglicanisme et nommé ensuite doyen de Windsor, fut l'un des prélats coconsécrateurs de William Laud, archevêque de Cantorbéry, qui a la totalité de l'épiscopat anglican actuel parmi ses successeurs.

Enfin, depuis le début du XXe siècle, des évêques vieux-catholiques, dont la validité des ordres était reconnue par Rome bien qu'ils soient schismatiques, ont accepté de participer au sacre d'évêques anglicans, ce qui fait que la quasi-totaluté des évêques et des prêtres anglicans dérivent leur sacerdoce d'évêques catholiques. Bossuet lui-même considérait que les ordres anglicans étaient valides.

Évidemment,,avec l'ordination de prêtresses depuis 1994 et la perspective du sacre d'évêquesses, la validité des ordres anglicans devient impossible à défendre. Mais c'est justement ce qui devrait retenir ces derniers de franchir le Rubicon au nom d'une absurde volonté de parité.
images/icones/fleche3.gif  ( 744131 )Peut-être par Jean Ferrand (2014-02-14 20:29:30) 
[en réponse à 744127]

Peut-être mais la lettre apostolique de Léon XIII, même si elle n'est pas à proprement parler infaillible, garde toute sa validité canonique. Elle n'est pas révoquée, par conséquent elle s'applique. Même si l'invalidité des ordres anglicans n'était plus aussi certaine qu'autrefois, à cause des évolutions dont vous parlez, elles doivent être considérées a priori comme invalides.

Je crois d'ailleurs, mais ici je suis moins affirmatif, qu'il y a eu également une évolution du côté catholique : on réordonne sous condition les prêtres anglicans qui deviennent catholiques. Tandis qu'autrefois on les réordonnait absolument, c'est-à-dire sans condition.

Mais là je parle sans contrôle. Il faudrait vérifier. Peut-on vérifier ce fait ? Vous me rendriez service.
images/icones/fleche3.gif  ( 744135 )Voir Motu proprio Ad Tuendam Fidem : "à tenir de manière définitive" par Michel (2014-02-14 20:36:49) 
[en réponse à 744131]


Ces vérités sont couvertes par l'infaillibilité (ce n'est pas évident, mais un long travail sur ce M.P. permet d'arriver à cette conclusion)
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=601604

et sur wiki, voir le § sur la Note du Card. Ratzinger :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ad_Tuendam_Fidem#La_Note_doctrinale

images/icones/fleche3.gif  ( 744139 )Ah oui par Jean Ferrand (2014-02-14 20:53:01) 
[en réponse à 744135]

Ah oui, mais j'ai bien dit que la lettre apostolique Apostolicae curae, infaillible ou pas, s'applique. Si vous me démontrez qu'elle est absolument infaillible, je l'accepte, bien sûr.
images/icones/vatican.gif  ( 744140 )Lettre de Léon XIII au cardinal Richard par Jean-Paul PARFU (2014-02-14 20:58:31) 
[en réponse à 744139]

Lettre de Léon XIII au Cardinal Richard

sur l’autorité de l’encyclique Apostolicae Curae

_____

La controverse se poursuit, dans une certaine mesure, sur le point de savoir si cette encyclique doit être tenue ou non pour un document infaillible. Qu’elle soit définitive et irréformable, tous les théologiens en sont convenus, et la distinction entre ce texte et une décision officiellement infaillible semble malaisée à établir.

Certains théologiens ont incliné, tout d’abord, à soutenir l’argument selon lequel l’absence de certaines expressions habituelles dans le libellé de l’encyclique démontrait à l’évidence que le Saint-Père ne pouvait avoir eu l’intention d’user de tout son pouvoir et que les catholiques étaient donc légitimement fondés à minimiser autant que possible la force de son propos. Mais le Pape Léon XIII a ensuite exposé très clairement son intention dans la lettre suivante au Cardinal Richard, publiée dans les Acta Sanctae Sedis.

« À l’attention de Notre Fils bien-aimé, le Cardinal François-Marie Richard, Archevêque de Paris.

« Bien-aimé Fils, recevez Nos salutations et Notre bénédiction apostolique.

« Attaché que Nous sommes, de par Notre office, à la religion et au salut éternel des âmes, notamment parmi les Anglais, Nous avons publié il y a peu, ainsi que vous le savez, la Constitution apostolique Apostolicae Curae. Notre intention, par là, était d’émettre un jugement définitif et de régler absolument la plus grave question relative aux Ordres anglais, que Nos prédécesseurs avaient du reste légalement définie, mais qui fut ainsi entièrement réexaminée de par Notre indulgence. Et Nous l’avons fait avec des arguments d’un tel poids, ainsi qu’en des termes si clairs et porteurs d’une telle autorité qu’aucun homme prudent et d’esprit droit ne peut entretenir le plus petit doute sur Notre jugement, afin que tous les catholiques soient tenus de recevoir ce dernier avec le plus grand respect, comme réglant et déterminant la question sans la moindre possibilité d’appel. Il Nous faut cependant reconnaître que certains catholiques n’ont pas réagi ainsi, ce qui n’a pas été pour Nous une cause de mince chagrin. Cela vaut en particulier pour un journal publié à Paris, La Revue Anglo-Romaine, et c’est pourquoi Nous vous écrivons en ce jour. Parmi les rédacteurs de cet organe, il en est qui, au lieu de défendre et d’illustrer Notre Constitution, s’efforcent au contraire de l’affaiblir en la présentant comme superflue. D’où vous pouvez voir qu’il n’est rien dans ce que soulignent ces rédacteurs qui ne soit parfaitement conforme à Nos déclarations ; en conséquence de quoi le journal en question ferait mieux de mettre fin à de telles remarques et de garder le silence, au lieu de soulever des difficultés contre ces excellentes déclarations et décisions.

« Contrairement à certains Anglais dissidents de la religion catholique, qui Nous avaient demandé avec des apparences de sincérité quelle était la vérité concernant leurs ordinations, mais qui ont ensuite reçu celle-ci dans un esprit très différent lorsque Nous la leur avons dite devant Dieu, il va de soi que les catholiques dont Nous avons parlé – au moins tous ceux d’entre eux qui sont des hommes religieux – devraient discerner où est leur devoir. En effet, il n’est plus juste ni convenable de leur part de participer ou d’apporter leur concours de quelle manière que ce soit aux projets de ces gens, car ce faisant, ils nuiraient grandement à l’expansion qu’ils souhaitent voir prendre à la religion.

« En conséquence de quoi Nous confions volontiers ces graves questions, bien-aimé Fils, à votre prudence et à votre sagesse éprouvées, et en augure des dons Divins ainsi que pour preuve de Notre spéciale bonne volonté à votre endroit, Nous vous donnons avec affection Notre bénédiction apostolique.

« Fait à Rome, à Saint-Pierre, le cinquième jour de novembre 1896, en la neuvième année de Notre pontificat. »

Pape Léon XIII

images/icones/neutre.gif  ( 744145 )Infaillible tout court... par Michel (2014-02-14 21:23:23) 
[en réponse à 744139]

Je crois l'avoir déjà démontré (mais je n'ai plus accès aux archives) : les vérités de la deuxième catégories relèvent de l'infaillibilité, mais ce n'est pas dit de manière très évidente.

Vous avez dans le Motu Proprio lui-même :
page 14 de l'édition Téqui, § 3 : "...Ce paragraphe de la Profession de foi (...) indique les vérités nécessairement liées à la révélation divine".

images/icones/neutre.gif  ( 744147 )Mais par Astorg (2014-02-14 21:34:52) 
[en réponse à 744145]

Il est intéressant de noter que plusieurs ordinations d'anglicans revenus à l'Eglise catholique alors qu'ils avaient déjà été ordonnés dans l'Eglise d'Angleterre, postérieures à Apostolicae curae, ont été effectuées sous condition, indiquant bien que l'Eglise catholique considérait qu'il existait un doute sur la validité de leur ordination.

Tel a été le cas, notamment, de Mgr Graham Leonard, évêque émérite de Londres converti au catholicisme et ordonné prêtre sous condition, sur ordre de Jean-Paul Ier, au motif qu'il avait démontré que son ordination épiscopale dérivait d'évêques catholiques indubitablement validement sacrés.

Cet exemple suffit à démontrée que Apistolixae curae ne doit pas être tenu comme d'application infaillible générale et absolue.
images/icones/1y.gif  ( 744149 )On en a déjà parlé 36 fois... par Michel (2014-02-14 21:41:27) 
[en réponse à 744147]

...il est évident que ces dispositions prises après la décision de Léon XIII constituent une exception.
Et ne remettent pas en cause rétroactivement son analyse.
images/icones/fleche3.gif  ( 744155 )Ah oui, mais Michel par Jean Ferrand (2014-02-14 22:00:50) 
[en réponse à 744149]

Ah oui, mais Michel, si c'est un dogme de foi, il ne saurait comporter d'exception.

(Je vous pousse volontairement dans vos retranchements. Je ne doute pas que vous trouverez une réponse).

L'analyse de Léon XIII portait sur des faits passés, nécessairement. Mais si les faits ont évolué... ? D'autre part je pense quand même que vous avez raison car, à supposer même que les consécrateurs fussent de vrais évêques, l'Ordinal d'ordination, lui, n'a pas changé. Et si l'intention des consécrateurs (même valides) étaient viciée par la doctrine non orthodoxe de l’Église anglicane (par exemple sur la valeur du saint sacrifice de la messe), l'ordination devenait du même coup invalide, ou du moins fortement douteuse.
images/icones/neutre.gif  ( 744157 )Intention valide ruer les espèces eucharistiques. par Astorg (2014-02-14 22:06:00) 
[en réponse à 744155]

Les textes disponibles, (Prayer Book,canons, déclarations diverses) en provenance de l'Eglise d'Angleterre ne se sont jamais écartés du principe intangible de fidélité à la doctrine du sacrement de l'ordre institué par Jésus Cheist et conférant seul mes pouvoirs d'absoudre les péchés et de consacrer les espèces eucharistiques.
images/icones/vatican.gif  ( 744159 )Lettre apostolique Apostolicae Curae par Jean-Paul PARFU (2014-02-14 22:11:43) 
[en réponse à 744157]

ici
images/icones/fleche3.gif  ( 744150 )Il faudrait par Jean Ferrand (2014-02-14 21:42:50) 
[en réponse à 744147]

Il faudrait pouvoir produire une preuve formelle de cette information intéressante. Une référence.
images/icones/neutre.gif  ( 744154 )Voici par Astorg (2014-02-14 21:56:19) 
[en réponse à 744150]

Le lien vers le texte de la déclaration par laquelle le cardinal Hume, archevêque de Westmibster, a fait état de la décision du Saint Père concernant Graham Leonard.
images/icones/fleche2.gif  ( 744156 )Peu importe Astorg ! par Jean-Paul PARFU (2014-02-14 22:02:18) 
[en réponse à 744154]

Ce qu'on vous dit, c'est que les ordinations anglicanes sont invalides et que la lettre apostolique du Pape Léon XIII à ce sujet est infaillible, comme le Pape lui-même l'a affirmé.

Qu'il y ait des cas douteux, s'agissant de telle ou telle personne en particulier, eu égard à leur parcours personnel, n'enlève rien à la force des décisions papales concernant de manière générale les ordinations anglicanes.
images/icones/neutre.gif  ( 744160 )La position actuelle par Astorg (2014-02-14 22:13:54) 
[en réponse à 744156]

La position actuelle de l'Eglise, telle qu'elle ressort, sans sans ambiguïté possible de la décision prise par le pape Jean-Paul Ier concernant Graham Leonard, est que chaque cas doit être examiné individuellement. Il y a des cas où cet examen à conclu au caractère douteux du sacerdoce reçu dans le rite anglican. Ce sont là des faits.
images/icones/fleche2.gif  ( 744162 )Vous vous égarez Astorg ! par Jean-Paul PARFU (2014-02-14 22:15:16) 
[en réponse à 744160]

Vous êtes anglican si j'ai bien compris ?
images/icones/neutre.gif  ( 744164 )Non!!!! par Astorg (2014-02-14 22:24:34) 
[en réponse à 744162]

CATHOLIQUE. APOSTOLIQUE. ROMAIN. ET PIDISTE EN PLUS.
images/icones/1n.gif  ( 744166 )Après la décision de Léon XIII, certains évêques.. par Michel (2014-02-14 22:34:13) 
[en réponse à 744160]

...et prêtres anglicans se sont faits réordonner par des évêques schismatiques pour être sûrs d'être validement ordonnés.

Donc s'il utilisent un rituel valide, les ordinands peuvent être ordonnés validement.

Ce fait, postérieur, ne change pas rétroactivement la décision concernant les ordinations telles qu'elles étaient à cette époque-là.

Par ailleurs, les rites anglicans avaient été rechangés au bout d'un siècle. Mais Léon XIII jugeait que la formule utilisée pendant un siècle était invalide, et donc qu'il y avait une rupture dans la transmission de l'épiscopat.

Enfin, pour prendre une comparaison :
si les vignes de Syldavie sont des plantes bizarroïdes, OGM, et que le pape décrète (infailliblement) que le vin de Syldavie est invalide pour la consécration à la Messe, si les Syldaves décident de changer leurs pieds de vigne, cette décision postérieure ne change pas la nature du décret papal, qui concerne le "vin de Syldavie" tel qu'il était à l'époque.

images/icones/neutre.gif  ( 744168 )Sauf que... par Astorg (2014-02-14 22:40:40) 
[en réponse à 744166]

Vous avez tout à fait raison.

Mais la formule utilisée pour les ordinations anglicanes pendant la période entre la rupture avec Rome (1560) et la modification de cette formule dans un sens plus catholique a constitué en une traduction pure te simple de la formule utilisée dans le rite de Sarum, en vigueur précédemment et donc par construction valide.

Autrement dit, entre 1560 et1662 on utilise la traduction littérale d'un rite catholique valide, postérieurement on utilise une formule qui, de l.aveu du pape Léon XII lui-même, amende la formule précitée dans un sens encore plus catholique.
images/icones/fleche2.gif  ( 744146 )D'après le cardinal Bertone par Jean Ferrand (2014-02-14 21:32:49) 
[en réponse à 744131]

D'après le cardinal Bertone, c'est non. L'ordination absolue, sans condition, fut exigée par Jean-Paul II pour réordonner les prêtres anglicans devenus catholiques. Apostolicae curae est bien considérée comme irréformable.

Déclaration du cardinal Bertone dans l'Osservatore romano, parlant de la fermeté doctrinale de Jean-Paul II :


D’une part, il confirma la tradition de l’Eglise catholique, selon la décision du Pape Léon XIII de demander ce que l’on appelle l’«ordination absolue», c’est-à-dire la réordination sans conditions, les ordinations de l’Eglise anglicane étant considérées comme invalides. D’autre part, il fit preuve d’ouverture en accordant l’exercice du ministère aux prêtres anglicans mariés. Il me semble que cette double attitude exprime la pleine conformité et la pleine continuité avec la foi de l’Eglise catholique, avec sa doctrine traditionnelle et consolidée, même dans l’ouverture et dans l’accueil.

images/icones/ancre2.gif  ( 744148 )Ordinations per saltum par Paterculus (2014-02-14 21:38:22) 
[en réponse à 744127]

John Daly a déjà répondu à ce genre d'arguments, outre ce qu'on vous oppose plus haut dans ce fil.
La plupart des théologiens considèrent invalides les ordinations per saltum ("en faisant un saut"), c'est à dire quand on entend passer de l'état laïc à l'état d'évêque, sans avoir été prêtre avant. (On peut validement être ordonné prêtre sans avoir été diacre, c'était l'usage aux premiers siècles.)
Donc quelqu'aient été les évêques consécrateurs des évêques anglicans actuels, leur sacerdoce est douteux, au moins.
Et cela, encore une fois, sans tenir compte de ce qu'on vous dit par ailleurs notamment sur l'autorité d'Apostolicae curae.
Votre dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 744202 )J'ai suivi de près par Yves Daoudal (2014-02-15 12:45:36) 
[en réponse à 744127]

les débuts de l'ordinariat Notre-Dame de Walsingham. Les "évêques" anglicans Keith Newton, John Broadhurst et Andrew Burnham ont été ordonnés prêtres catholiques sans faire la moindre mention d'une éventuelle ordination valide dans l'Eglise d'Angleterre. (Et ils ont fait preuve d'une humilité vraiment édifiante.)

Il y a certes des anglicans qui se font ordonner par des évêques schismatiques, comme aussi des pasteurs luthériens des pays scandinaves qui croient en la présence réelle. Mais l'Eglise catholique n'a pas à tenir compte de cela, car elle ne peut pas savoir ce qu'il en est réellement, et parce que, à mesure que le temps passe, la validité des ordinations épiscopales issues de l'Eglise vieille-catholique (ou autre) est de plus en plus douteuse.
images/icones/mitre4.png  ( 744213 )Le sujet est complexe! par Astorg (2014-02-15 15:10:28) 
[en réponse à 744202]

Si je puis me permettre, on a parfois tendance à oublier, dans cette affaire de validité des ordres anglicans, que, par définition, Dieu sait toujours ce qu'il en est de ces situation: le propre du fait de conférer sous condition un sacrement qui imprime, comme c'est le cas du sacrement de l'Ordre, un caractère inamissible n'est pas de ménager la susceptibilité de l'intéressé mais d'éviter de le répéter ce qui consituerait un sacrilège. Il est donc non seulement possible, mais souhaitable d'agir sous condition dès lors qu'un doute légitime (et non une certitude) existe sur la réunion des trois conditions à la validité (intention, matière, forme).

De ce point de vue, la position de Rome n'a pas été la même concernant (i) les vieux catholiques, (ii) les luthériens et (iii) les anglicans. La situation a toutefois été compliquée par le fait que les vieux-catholiques (alors pourvus, selon les jugements du Saint-Siège, d'ordres valides mais illicites à l'instar des schismatiques orientaux) et les anglicans ont formalisé la reconnaissance mutuelle de leurs ordres par une convention signée à Bonn en 1931 et ont ensuite procédé ensemble à de très nombreux sacres épiscopaux avec comme but avoué de partager aussi largement que possible des ordres valides. Cet élément nouveau, survenu postérieurement à Apostolicae curae, modifie nécessairement, indépendamment de la nature exacte, infaillible ou pas, de la condamnation qui y était fulminée, la nature du doute entournt les ordinations anglicanes au cours du XXe siècle.

Et je le répète, des erreurs factuelles se sont glissées dans Apostolicae curae: on y a fait dire faussement au Pape que la partie du clergé anglais ordonné sous Edouard VI avec le nouveau rite anglican promulgué en 1549 aurait été systématiquement réordonné inconditionnellement par les soins du cardinal Pole, légat du Pape qui procéda en 1554, sur délégation de Paul IV, à la levée des excommunications et interdits frappant l'Angleterre depuis le schisme de Henri VIII. Or c'est faux: l'Eglise a pu démontrer, preueves à l'appui, que le cardinal Pole s'était contenté de faire procéder, auprès des intéressés, à la porrection des instruments (patène, calice et hostie), conservée par les anglicans dans le rituel de 1549 mais remplacé par la tradition des Saintes Ecritures dans une édition révisée datant de 1552. En effet, au concile de Florence, Eugène IV avait déterminé que la matière du sacrement de l'ordre était, justement, la porrection des instruments et on comprend, en 1554, que Paul IV ait jugé prudent de compléter les ordinations intervenues sous Edouard VI de la sorte, sans toutefois les répéter entièrement et inconditionnellement. Mais on sait aussi que Pie XII, a déterminé en 1947, dans la constitution apostolique Sacramentum ordinis, que la matière et la forme de l'ordination sacerdotale étaient l'imposition des mains et la prière consécratoire. On sait enfin, mais je ne fais que le relever, que certains sédévacantistes observent que les formes introduites par Paul VI pour les ordinations sont quasiment identiques à celles utilisées par les anglicans depuis la Réforme et s'appuient sur cette circonstances pour traiter de simple laïcs ceux ordonnés sous cette forme, qualifiant même le pape régnant de simple monsieur Bergoglio...

Pour revenir à des considérations plus sérieuses, l'abbé John Hunwicke, prêtre de l'Ordinariat, décrit sur son blog (http://liturgicalnotes.blogspot.fr/search?q=validity+orders), avec, comme vous le faites remarquer, une lucidité assez mordante les effets pour lui et ses semblables de la "Dutch touch": avoir possédé pendant des années, dans certains cas des décennies, une ecclésiologie pour ainsi dire identiques à celle des catholiques traditionalistes, avec célébré la messe avec l'intention de faire ce que fait l'Eglise (et souvent dans des rites directement traduits du missel romain ou de celui de Sarum) et pouvoir de surcroît faire remonter ses ordres à des évêques parfaitement catholiques. Voici ce qu'en dit l'abbé Hunwicke:


I must be both personal and frank. I never doubted that on June 9 1968 I was truly ordained to the Catholic Priesthood by Harry Carpenter, Lord Bishop of Oxford, and that since then I was truly, morning by morning, confecting and offering the propitiatory Sacrifice of the Lord's Body and Blood. If I had so doubted, I would, of course, have stopped performing what would have been a sacrilegious simulation of so great a Sacrament. I am sure that the five bishops and hundred-or-so priests in the English Ordinariate would say the same.



Cet état d'esprit explique beaucoup de choses et les réactions des intéressés varient largement, allant de celle de Mgr Leonard qui a souhaité et obtenu que le Pape ordonne publiquement qu'il serait réordonné sous condition, à celle de ceux à qui cela ne pose pas de problème particulier d'être réordonnés inconditionnellement.

S'agissant des luthériens suédois, la situation est encore différente puisque ecclésiologie quasiment catholique a pu longtemps y voisiner avec des ordres très douteusement valides: je ne connais aucun cas de ministre de ce clergé revenu au catholicisme et reordonnés sous condition, comme cela s'est vu (publiquement de surcroît) pour Mgr Leonard.

Il est intéressant que dans le cas du pasteur suédois Sten Sandmark, curé de Oskarshamn en Suède, qui vit les demandes répétées de le recevoir qu'il adressa aux évêques catholiques diocésains refusées et abjura l'hérésie de Luther en 2006 entre les mains de Mgr Tissier de Mallerais à Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Dans son sermon, l'évêque souligna qu'il avait été parfaitement catholique depuis des années, et est allé, chose assez étonnante venant de lui, jusqu'à évoquer l'existence d'un doute sur la validité de son ordination:


Cher Monsieur le Pasteur, je ne vais pas essayer de retracer le parcours de votre conversion. J'en dirai simplement que ce fut la grâce du Saint Esprit et le fruit de l'intercession de la très Sainte Vierge Marie, médiatrice de toutes grâces. A vrai dire, vous n'étiez pas vraiment luthérien, bien que vous trouvant dans léglise luthérienne suédoise. Vous n'en partagiez point la doctrine puisque vous teniez à la doctrine catholique sur la justification de nos âmes, à la grâce, à la transsubstantiation, à la Sainte Messe et à bien dautres dogmes catholiques qui sont niés par les protestants. Mais il vous manquait l'unité, d'être dans lunité de la vraie Eglise du Christ.


Vous-même, Monsieur le Pasteur, vous étiez prêtre. Vous l'avez été pendant 31 ans à la suite dune cérémonie d'ordination. Il y a évidemment un doute sur ce sacerdoce puisque l'on ne sait pas si la succession apostolique dans l'église suédoise est ou non valide. Vous avez célébré pendant 31 ans ce que vous pensiez être une messe valide en langue suédoise, et vous avez voulu pendant ces 31 ans de ministère poursuivre la mission de rédemption des âmes que Jésus-Christ a confiées à son Eglise, comme vous le dites dans votre belle déclaration qui est à la disposition des fidèles.



Il n'en demeure pas moins qu'à ma connaissance, lorsqu'il a été ordonné quatre ans plus tard, Sten Sandmark l'a été inconditionnellement.

Dans une interview réalisée à l'occasion de sa première messe catholique, il a adopté une position différente de celle de l'abbé Hunwicke, affirmant qu'alors que l'évêque catholique de Stockholm lui avait dit qu'il n'y avait pas de différence entre luthériens et calviniste, il était convaincu qu'il n'avait jamais été prêtre.

Vous avez néanmoins tout à fait raison de dire que la validité des ordres vieux-catholiques s'amenuise, du moins pour celles "Églises" de leur galaxie qui ont elles aussi "ordonné" des prêtresses: les vieux-catholiques ont mis un premir doigt dans l'engrenage dès 1974 en s'engageant alors, dans le cadre des échanges réguliers avec la "communion" anglicane, à ne pas rompre la communion avec les provinces anglicanes qui ordonneraient des femmes; mais le point de non-retour a été atteint en 1996 lorsque Mgr Vobbe, de l' "Eglise" vielle-catholique allemande, devint le premier évêque incontestablement validement sacré à conférer publiquement la prêtrise à une femme. À ma connaissance, Rome ne s'est pas formellement prononcée sur les conséquences de cet acte inouï, mais je pense comme vous qu'un doute existe sur la validité des ordres de celles des "eglises" autocéphales vieilles-catholiques qui ont fait de même (toutes ne l'ont pas fait).
images/icones/neutre.gif  ( 744119 )Mais il y a déjà des évêquesses anglicanes par Yves Daoudal (2014-02-14 19:28:57) 
[en réponse à 744081]

en dehors d'Angleterre. Même que l'actuel primat de l'Eglise épiscopalienne (les anglicans américains) est une primate...

Sans parler de l'évêquesse lesbienne militante de Los Angeles...
images/icones/fleche3.gif  ( 744125 )Je sais par Jean Ferrand (2014-02-14 19:42:22) 
[en réponse à 744119]

Je sais, mais l’Église d'Angleterre proprement dite - The Church of England (à ne pas confondre avec la communion anglicane) - était un des derniers bastions qui résistait. Même l'Eglise du pays de Galles a déjà pris sa décision. Tandis que l'Eglise d'Angleterre ne l'a pas encore prise formellement (on dirait canoniquement dans le langage catholique). Elle ne la prendra, je crois, qu'en juillet.
images/icones/1i.gif  ( 744126 )Il va donc y avoir une nouvelle vague de retour à l'Eglise catholique par Jean-Paul PARFU (2014-02-14 19:46:29) 
[en réponse à 744125]

Si l'Eglise catholique ne fait pas tout pour l'empêcher, bien entendu.
images/icones/fleche3.gif  ( 744129 )Je l'espère par Jean Ferrand (2014-02-14 20:08:29) 
[en réponse à 744126]

Je l'espère de tout cœur et les ordinariats, que j'avais salués avec joie à l'époque, sont là pour les accueillir.
images/icones/1e.gif  ( 744128 )Le pape anticipe-t-il? par AVV-VVK (2014-02-14 20:03:01) 
[en réponse à 744081]

Zenit org. du 14/02/14 , discours pour les évêques de Bulgarie , commençant par "Chers frères et soeurs dans l 'épiscopat".