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8ème dimanche après la Pentecôte par ami de la Miséricorde 2017-07-30 00:05:54 Imprimer Imprimer



8ème dimanche après la Pentecôte

126ème Sermon de Saint Pierre Chrysologue
(le sens spirituel de la parabole de l’intendant malhonnête)


A quel point il est avantageux, à quel point il est profitable de délier les nœuds des débiteurs, de relâcher les liens des cautions, l’ exemple du présent régisseur nous l’enseigne et nous l’inculque. En diminuant, par une ratoureuse évaluation, les dettes accumulées, il a non seulement échappé à ce que la reddition de comptes avait d’épineux et d’angoissant, mais il a obtenu du vérificateur une louange qui durera pendant les siècles. Je me sens obligé, mes frères, de vous expliquer cette leçon à cause de la promesse que je vous ai faite. Ecoutez-moi donc avec piété et patience, pour que ne pèse ni sur vous ni sur moi, une dissertation laborieuse, quand l’intelligence peut en percer le secret sans effort. Poursuivons donc ce qui suit du commentaire de la lecture. Et écoutons quel subterfuge a trouvé le régisseur.

Je sais ce que je ferai. Il convoqua tous les débiteurs de son maître et leur dit : Combien dois-tu à mon maître ? Cent casques en peau de bête d’huile. Et il lui dit : prends ta caution. assieds-toi et écris : cinquante. Puis il dit à un autre : Et toi, comment lui dois-tu ? Cent minots de blé. Et il lui dit : prends tes lettres et écris : quatre-vingt. Et le maître loua le régisseur d’iniquité parce qu’il avait agi avec prudence. Il est évident que dans les textes évangéliques que nous lisons à l’église, se trouve un grand nombre de questions obscures qui sont des mystères divins, et dont le sens spirituel est voilé. Et il n’est pas facile à la raison humaine de se soumettre aux secrets célestes que profère la bouche du Christ. Et le maître a loué le régisseur d’iniquité parce qu’il avait agi prudemment. Qu’est-ce que l’âme mondaine comprend dans cette louange ? Je le demande. Qu’est-ce que l’auditeur moyen saisit dans tout cela ? Là est louée l’invention de la fraude astucieuse du régisseur et des débiteurs. Là est spoliée l’honnêteté du débiteur, enlevée la pudeur, violée l’innocence, ensevelie la honte. Le régisseur, au moment de la reddition des comptes, y montre plus d’ardeur à frauder qu’il n’en a mis à rechercher le luxe. Il dilapide plus les biens de son maître au moment de la vérification, qu’il ne l’a fait aux jours de sa gestion. Et celui qui avait auparavant vidé les trésors de son maître en les dissipant, renverse ce qui restait, en vidant la facture de son contenu. Au lieu de chercher comment il pourrait ravauder ce qui manquait, il planifie comment il pourra diminuer ce qui reste.

Il disait au débiteur : comment dois-tu à mon maître ? Il ne lui disait pas : Comment me dois-tu ? Il circonvenait la conscience du débiteur en parlant ainsi, il testait son âme. Et pourquoi le régisseur provoquait-il le débiteur à une telle fraude, sans aucun égard pour le maître ? Combien dois-tu à mon maître ? Cent casques en peau de bête d’huile. Prends ta caution et écris cinquante. Le régisseur avait élaboré et exécuté une telle fraude pour qu’il détruise toute sa réputation en abaissant les cautions.. Combien dois-tu à mon maître ? Tous les deux savaient qu’était présent partout et toujours le Créancier céleste, qui ne pouvait pas être circonvenu par la fraude. Mais, pas même devant les yeux du Seigneur, le voleur n’a mis fin à ce qu’il avait commencé.

Admettons que ce soit dans les mœurs humaines que le débiteur cherche des compensations frauduleuses, et que le régisseur l’encourage à voler, comment expliquer que le seigneur approuve la fraude, qu’il loue les vols, fasse l’éloge de la fausseté ? Il appelle prudence la malice, et juge pieux ce qui est considéré par le plus grand nombre le pire exemple de fausseté. Que les sens charnels jugent ainsi. Que les sens spirituels, i.e. la divine lumière, fassent briller cette parabole qui, dans le régisseur malhonnête, n’est qu’une répétition de celle de l’enfant prodigue. Le peuple des Gentils est appelé régisseur d’iniquité par Mammon l’inique. Faites-vous des amis avec le Mammon d’iniquité. Il est celui qui, après avoir quitté son Créateur, s’était livré au complet à la servitude de Mammon. Quiconque est libre de cette captivité de Mammon, et qui n’est pas affaissé par le poids cruel de l’argent, a pour lieu d’observation le ciel, et de là, regarde avec mépris celui qui, dans sa fureur tyrannique, domine le monde et les mondains. Mammon commande aux peuples. Il règne sur les rois, suscite les guerres, engendre les guerriers, vend le sang, et provoque des morts. Il trahit les patries, détruit les villes, soumet les peuples, et met le feu aux citadelles. Il vexe les citoyens, préside au forum, contourne le droit, et confond ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Et conduisant à la mort, il tend des pièges à la foi, viole la vérité, et déchire la réputation. Il fait s’évanouir l’honnêteté, empoisonne les affections, et enlève l’innocence. Il ensevelit la piété, rompt les engagements, et fait s’écrouler l’amitié. Que dire de plus ? Voilà quel est Mammon, le seigneur de l’iniquité, qui domine de façon inique sur les corps et sur les esprits.

Le régisseur de ce Mammon donc, qui est une figure du peuple des Gentils, coupable d’avoir dissipé les biens de son Seigneur, est appelé par l’Evangile pour qu’il rende compte de la gestion de la propriété rurale, i.e. des biens naturels. Quand la fin du monde est annoncée, c’est alors qu’il lui est dit : Tu ne pourras plus gérer ma propriété rurale. Il a cru que , selon la parole de l’Apôtre, la figure de ce monde passe, que les temps de la gestion humaine touchent à leur fin. Et en lui-même, une fois revenu à lui, il s’interroge sur ce qu’il doit faire. Il dit en lui-même : que ferai-je ? Son cœur gémit, son esprit se lamente, la foi répond, la croyance lui donne un conseil salutaire : celui de retourner à son vrai Seigneur. En payant à Mammon, son cruel maître, ce qu’il lui doit, il en triomphera, et se soustraira à sa domination. Et ce qui était un instrument de perdition, deviendra une occasion de salut.

Il persiste le régisseur, i.e. le Gentil, et se rend au premier débiteur de son maître. Lequel ? le Juif . Il l’interroge pour savoir ce qu’il devait à son maître, comme s’il ne connaissait rien à l’endettement. En tant que porteur de la caution, il le savait déjà par l’évangile; mais, en interrogeant, il cherchait par là même à susciter une confession. A la fin, il confesse et la qualité et la quantité de la dette en disant : Cent casques en peau de bête d’huile. Pourquoi ne calcule-t-il pas en argent ou en or ? Pourquoi pas cent dix ou quatre-vingt-dix, mais cent ? Pour que de la dette et du chiffre, resplendisse le sacrement céleste. Le Juif devait l’huile que la Tora avait affectée à l’onction des rois, des prophètes et des prêtres, mais qu’elle avait reçue pour figurer l’onction chrétienne. Cette huile devait remplir sa fonction jusqu’à ce qu’elle rencontre le Prince des rois, des prophètes et des prêtres, sur Qui devait être appliquée et répandue la plénitude centenaire de l’onction. Mais parce que, infidèle à sa caution, le débiteur a tué le Créancier pour ne pas avoir à le rembourser, cette caution légale elle-même est parvenue jusqu’aux Gentils, i.e. la loi. Pour que le Juif, convaincu par le Gentil d’avoir converti la dette en crime, paie l’intérêt de la pénitence. Tu vois donc que le régisseur ne le persuade pas de frauder mais de faire pénitence; qu’il le sollicite à acquérir la miséricorde. Il ne le pousse pas à la falsification, quand il lui dit : Prends ta caution et dépêche-toi d’écrire cinquante. David nous révèle que le chiffre cinquante a un rapport avec la miséricorde, puisque le psaume cinquante chante en suppliant : Ai pitié de moi, Seigneur, selon ta grande miséricorde. Le chiffre cinquante révèle la miséricorde, puisque en la cinquantième année, qui est celle du jubilé, la loi prescrit l’abolition de toutes les dettes et de tous les contrats. Le régisseur se comporte donc de façon à ce que, par la miséricorde du Christ, le Juif devienne idoine, lui qui, par la caution de la loi, était ligoté par des dettes insolubles. Le Juif doit l’huile, car la stérilité de son incrédulité avait desséché la matière grasse de l’olivier fertile. Par la chaleur de la foi évangélique, l’huile revient dans les branches chrétiennes, et trouve une nouvelle vie dans la grâce.

Et il disait à un autre : toi, que lui dois-tu ? Il lui répondit : cent minots de froment. Après que le grain de blé, qui est le corps du Christ, a été semé dans la terre de notre chair, et a été fécondé par la sépulture du Seigneur en une moisson céleste abondante, il est arrivé que l’homme devait à son Auteur du cent pour un. A moins que le grain de froment qui tombe en terre ne meure, il demeure seul Comprenant cela, le régisseur pourvoit suffisamment au salut du débiteur en disant : Prends ta caution, et inscris quatre-vingt. Car comme le chiffre cinquante se rapporte à la miséricorde, le chiffre quatre-vingt préfigure toute la foi et la grâce. Celui qui est un connaisseur de la loi, et qui fréquente assidument l’évangile sait pertinemment que c’est le chiffre du décalogue de la loi, joint à celui de la huitaine de la grâce. C’est pourquoi, quand le régisseur dit : Ecris quatre-vingt, il fait en sorte qu’il puisse payer par la grâce ce qu’il ne pouvait pas rembourser par la nature. C’est donc à juste titre que ce régisseur a mérité la louange d’un maître qui ne s’est pas soucié de la falsification des factures, mais du salut des débiteurs.

Quand Il dit : Les fils du siècle sont plus prudents dans leur génération, que les fils de la lumière. il faut le comprendre ainsi : ceux qui ont été autrefois des fils du siècle, i.e. les Gentils, sont maintenant des élus de Dieu; et ceux qui étaient fils de Dieu, i.e. les Juifs, ont été laissés pour compte, comme étant des fils du siècle. Dans leur génération. Par laquelle ils sont renés, non par laquelle ils sont nés. Que ces choses soient écrites pour une autre génération. L’autre est celle de ceux qui cherchent le Seigneur. Que le Dieu de science et d’illumination éclaire vos âmes, et répande dans le plus intime de votre cœur toute la plénitude de sa science !

Source : jesusmarie.free.fr/pierre_chrysologue_sermons_106_a_140.html


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