« La crise de la Fraternité n’est pas une crise mineure… »
Résumé de l’homélie de Mgr Williamson, Dimanche 17 octobre 2004 à Saint Nicolas, à partir de notes prises par un fidèle présent. Seuls les termes entre guillemets sont ceux prononcés par Mgr Williamson.
Mgr Williamson a tenu à remercier l’abbé Beauvais à l’occasion de sa venue en France, pour le Symposium et la journée des associations, de l’avoir invité à célébrer la Grand’messe Pontificale à Saint Nicolas du Chardonnet.
Il a tenu à préciser qu’il parlait en son nom propre au sujet de la crise très grave qui secoue la fraternité en justifiant son intervention par le fait que cette crise était publique et qu’il ne scandaliserait ainsi personne. Il a tenu à souligner également le caractère grave et non mineur de cette crise.
Après avoir affirmé que l’autorité et l’obéissance devaient marcher ensemble au service de la vérité, il a précisé la position de Mgr Lefebvre sur la vraie et la fausse obéissance « Il ne faut pas obéir à l’autorité parce que c’est l’autorité.» Dans ce contexte, il a évoqué l’œuvre de Mgr Lefebvre. Quand il a fondé le séminaire, il l’a fait selon les lois de L’Eglise et avec les accords de Fribourg, de Genève, … Il n’a donc pas désobéi. En revanche sur ce qui touchait la foi Mgr Lefebvre a dû désobéir parce que c’était son devoir moral. Donc la FSSPX a été faible depuis le début dans sa nature car elle n’a plus le Pape, sommet de la hiérarchie qui protégeait les catholiques par derrière et par-dessus (Droit Canon). L’appel assure ainsi la justice à côté de l’autorité. Mgr Lefebvre ne disait pas « Je suis évêque, vous devez obéir » mais quand il y avait un problème, il cherchait toujours par la voie de négociations à obtenir des explications, à connaître les raisons du problème. Mgr Williamson évoque alors la crise de 1983 aux Etats Unis dont il a été le témoin et décrit l’attitude exemplaire de Mgr Lefebvre. Ce dernier a pu notamment affirmer : « Jusqu’ici le Bon Dieu semble avoir béni la Fraternité, mais si vous savez mieux faire, que le Bon Dieu soit avec vous ». Mgr Lefebvre montrait par la qu’il pouvait se tromper, qu’il n’était pas l’autorité absolue. C’est le bon sens sinon on tourne à « la tartufferie et au jansénisme ».
Mgr Williamson poursuit en précisant : « Je déteste le Jansénisme », évoquant Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qui préférait les anges généreux aux anges sans défaut. Mgr prend alors l’exemple de Saint Pierre comme étant généreux mais pas sans défauts celui-ci ayant par sa fougue et son caractère fait des « gaffes ». Mais Notre Seigneur l’a protégé malgré son reniement. « C’était un pauvre bougre comme nous tous ». Pourtant il a fait un bon Pape car il a pleuré toute sa vie d’avoir renié 3 fois Notre Seigneur, il avait donc la compassion. Il faut donc se méfier de la seule spiritualité car on oublie d’être humain et faire de l’angélisme est grave.
Mgr a ensuite comparé l’Eglise, lors du Concile de Vatican II, au Titanic en évoquant son naufrage. Certaines personnes tombées à l’eau se sont perdues, d’autres sont montées dans les canots de sauvetage. C’était dans la nature de la fraternité d’être un canot de sauvetage. Et par définition un canot de sauvetage est vulnérable et n’est donc pas destiné à durer. Il ne faudrait pas prendre le canot de sauvetage pour un nouveau navire ! Le canot sera destiné un jour à être ramassé par un plus gros navire. En attendant il ne faut pas céder à la tentation janséniste c'est-à-dire tromper les fidèles sous l’apparence du bien. Nous pouvons tous nous tromper sauf Notre Seigneur et la grande sagesse de l’Eglise fut d’instaurer le droit Canon pour protéger les hommes de leurs faiblesses. Peut-il y avoir instauration d’appel à bord du canot ? C’est difficile car il pourrait y avoir une autorité à deux têtes, mais les passagers du canot ne doivent pas le faire chavirer par des querelles, ils doivent savoir se maîtriser et ne pas partir en guerre même si le capitaine se trompe. La crise de l’Eglise ne se règlera pas uniquement avec l’autorité et l’obéissance. Mgr Lefebvre n’a jamais réglé un problème avec l’unique autorité. Il faut donc que les autorités y aillent doucement selon le modèle de Mgr Lefebvre c’est à dire en suivant son humanité. Il ne faut donc pas oublier le bon sens.
Mgr Williamson a conclu en affirmant détester la « spiritualité » et même la « charité » à cause de ce qu’on y mettait derrière aujourd’hui. La seule vraie charité à défendre c’est la compassion pour les hommes et surtout pour les prêtres. « Je vous demande de prier pour eux et pas seulement pour ceux de la fraternité mais pour tous les prêtres du monde entier », et ne pas attiser leurs querelles. Il faut un esprit de tolérance : la vraie tolérance et faire preuve de patience et d’humilité. De cette épreuve il faut tirer un bien. Si l’Eglise méritait la crise Conciliaire, peut-être la fraternité mérite-t-elle la crise actuelle. Dieu sait ce qu’il fait et s’il l’a permise, c’est pour notre bien. La fraternité peut tomber, il faut s’en persuader mais Dieu sera toujours là Il n’abandonnera pas son troupeau. Au moment du concile nous avons cru que Notre Seigneur nous avait abandonné mais il y eu la fraternité. Aujourd’hui encore si la fraternité tombe, Notre Seigneur sera toujours là.
Il finit en invitant une nouvelle fois à la prière pour tous les prêtres et à invoquer la Sainte Vierge précisant que si nous étions tous animés de son esprit, nous saurions où aller.
Important: Mgr Williamson semble vouloir une solution apaisante. c'est en tout cas ce que tous les fidèles présents à Saint Nicolas ont retenu.
Pour répondre à Credidimus Caritati à propos de l'enregistrement :
Les homélies importantes sont enregistrées à Saint Nicolas, mais selon une information de source sûre, la cassette de ce matin aurait été récupérée par le curé de Saint Nicolas sans doute pour assurer sa diffusion !!!
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