Cher Monsieur,
les questions de principe sont beaucoup plus importants que les questions pratiques (en particulier pour l'Eglise, instituée justement pour défendre les principes sacrés et bons), parce que - même quand il ne semble pas - les bonnes actions découlent de bons principes et de bonnes idées.
Essayez de sortir de la bulle des idées et des livres, même quand c'est le bon vieux Syllabus de 1864, et de regarder autour de vous, de regarder aussi la storia della Chiesa dans les 200 et plus dernières années.
C'est précisément l'histoire de l'Eglise à nous enseigner qu'il est grave de donner aux idées mouvaises et à les doctrines empoisonnées la protection et le droit à la propagation. Que pensez-vous qui pourrait servir de l'Inquisition et l'Index des livres interdits?
Même il Papa Re le bienheureux Pie IX ne forçait pas les juifs de ses États à se convertir avec ses sbires ou les mettait dans des cachots ou les exécutait. Un protestant en visite n'était pas mis en prison à moins de se convertir au catholicisme.
Monsieur, qui a dit qu'il faut
forcer les gens à se convertir au catholicisme? Est-ce que savez-vous que signifie «régime de tolérance»?
En France la libertà religiosa est le droit civil depuis 1802 sans interruption ; et pourtant saint Pie X a protesté contre l'abrogation unilatérale du concordat de 1801 qu'il acceptait d'appliquer comme TOUS ses prédécesseurs depuis Pie VII.
Une chose est d'être contraints d'accepter une solution, autre chose est de revendiquer librement cette solution comme le meilleur.
Si, à la base, il y a des principes bons, l'on peut eviter une protestation (si les circonstances l'exigent), mais lorsque ils sont les principes-mêmes à être faux et mauvais, rien ne fait plus de sens.
En pratique où est la différence entre la tolérance généralisée et mondiale, même avec les Accords du Latran dans votre pays en 1929, et l'attribution d'un droit ... de facto ?
En pratique la différence peut être énorme. Vous citez les Accords du Latran de 1929. Ils n'étaient évidemment pas la perfection, mais la religion catholique était considérée comme la religion de l'Etat. Avec ce
principe de droit (la religion catholique est la religion de l'Etat) - apparemment abstrait et sans pertinence dans la pratique - même dans le contexte d'une population de fait non-catholique ils pouvaient être menés plus efficacement beaucoup de bons combats. Réfléchissez sur un example concret: le combat contre l'avortement. Imaginez de menér un combat pour la vie dans un Etat qui, au delà de la situation factuelle, par principe reconnaît lui même comme Catholique et dans un Etat qui reconnaît lui même comme Liberal.
Autre example pratique: en Italie beaucoup de gens voudraient voir enlévé le crucifix de les lieux publics (ecoles, tribunaux, hôpitaux, etc.). Un des arguments les plus efficaces à faveur de la suppression c'est que notre Constitution (notre Etat) n'est pas catholique, mais laïque et libérale.
Interdire le vol est une chose mais s'il n'y a pas de police, pas de tribunaux, pas de sanction aucune pour les voleurs, s'il n'est même pas légalement possible de porter plainte pour vol et cela depuis plus de 2 siècles, honnêtement où est la différence ?
À ce point là, moi j'espere que vous aviez compris où se trouve la différence, Monsieur. Mais si vous avez encore des doutes, demandez-vous: pourquoi, s'il n y a pas de différence, les ennemis du Christ et de l'Eglise ont dépuis toujours voulu (quand il n'été pas possible la persécution declarée) ce principe de la liberté religieuse?
Vous voudriez vraiment renier le pape et la communion avec l'Église pour une question aussi ... futile, sans conséquence majeure pour la mission de l'Église ? No non lo credo.
Lorsque Benoît XVI rencontre des athées ou des schismatiques, il ne soulève pas des questions semblables ou ces graves préoccupations. Vous devriez adopter la même methode, Monsieur.
Dans tous les cas, comme vous le savez, la liberté religieuse est une chose qui concerne la Foi. Et abandonner même une seule chose de notre Foi, il signifie d'abandonner la Foi toute entière.
Bien cordialement