Vandalisme sur une chapelle néo-gothique en Alsace >article intégral ici et en bas de page
extrait :
La chapelle Herzog, dans le quartier de Logelbach à Wintzenheim près de Colmar, porte le nom de ses commanditaires, une famille d'industriels, Antoine Herzog (1786-1861) et ses fils Antoine (1816-1892) et Eugène (1819-1858)1. Cet élégant bâtiment néo-gothique en grès rose (ill. 1), inspiré par la Sainte Chapelle de Paris, fut construit à partir de 1860 sur les plans de l'architecte Johann van Soolen et consacré en 1862.
En 1984, la chapelle fut acquise par la commune et inscrite en totalité à l'Inventaire des Monuments Historiques, y compris les sculptures. Dans le compte-rendu d'une réunion de la Commission régionale du Patrimoine historique, archéologique et ethnologique chargée le 20 juin 1994 de se prononcer sur l'opportunité d'un classement, on peut lire que M. Bischoff, représentant la Fédération des sociétés d'histoire d'Alsace : «estime que la "Sainte-Chapelle du Logelbach" est le plus exceptionnel monument néo-gothique de Haute-Alsace. Il relève l'exccellente qualité de la sculpture, qu'il rapproche de la sculpture rémoise du XIIIe siècle.»
Saint Jean, Wintenheim, chapelle Herzog
A gauche, état du 21/6/09 ; à droite, état du 26/6/09
Les photos illustrant cet article témoignent de la qualité de la statuaire2. Hélas, tout cela n'est plus qu'un souvenir : la protection Monuments Historiques n'a pas empêché le maire de la ville, Serge Nicole, sans que la Direction Régionale des Affaires Culturelles soit même informée, de commander à une entreprise locale l'« épuration » de ces statues et des éléments décoratifs sculptés, sous prétexte que ceux-ci menaçaient la sécurité du public (ill. 2 à 9). Les clichés parlent d'eux-mêmes : les œuvres sont pour la plupart détruites au-delà du réparable, les visages en particulier (à l'exception de celui de Thomas) ayant été complètement martelés.
La Tribune de l'Art - article mis en ligne le 28 juillet 2009